Ecrire son livre : comment faire ?
Le besoin d’écrire a émergé, vous avez compris que pour approfondir votre travail d’introspection, le passage à l’écrit s’avère nécessaire.
Deux objectifs principaux motivent les personnes qui se lancent dans cette aventure : expurger leurs émotions pour s’en libérer et pouvoir les relire avec hauteur et recul, ou bien donner à l’épreuve qu’ils ont subie une valeur de témoignage. Ces deux intentions ne sont pas incompatibles, bien au contraire. Quoi qu’il en soit, le processus d’écriture sera sensiblement le même dans ses fondements, que vous ayez en tête de garder le livre pour vous, ou de le proposer à des éditeurs.
Définir le contenu
L’angoisse de la page blanche, même les plus grands auteurs l’ont ressentie. Par bonheur, il existe des solutions pour rapidement s’en défaire.
D’abord, vous pourrez la remplir, cette fameuse page, de tous les souvenirs qui vous passent par la tête, sans vous encombrer de chronologie ou de belles phrases. Cela peut se faire sous forme de listes, avec de simples tirets, des mots jetés, des bribes, des fragments. Cette phase du travail devra s’étaler dans le temps, et il sera bénéfique d’y revenir en plusieurs fois, à plusieurs jours d’intervalle, et à des moments différents de la journée.
Un petit carnet à souvenirs sera le bienvenu dans votre sac ou à portée de main car la mémoire est capricieuse, il lui arrive de se manifester à l’improviste, et il serait dommage, alors, de ne pas avoir de quoi noter…
Les photos, vidéos, objets en lien avec l’événement que vous voulez raconter seront une aide précieuse. Pensez aussi à interroger des témoins, votre entourage, les personnes qui de près ou de loin ont « vécu » l’épreuve avec vous.

Organiser son récit, faire des choix
Quelques décisions importantes vont devoir être prises à ce stade-là du processus. Parlerez-vous à la première personne ? C’est le cas dans la majorité des autobiographies. Ou bien préférez-vous prendre de la distance, faire de vous un personnage extérieur à vous-même en parlant de lui à la troisième personne ? Écrirez-vous au présent ou au passé ? Quel ton, quel style emploierez-vous ?
Il faudra ensuite relire toutes vos notes, vos listes jetées pêle-mêle, votre carnet à souvenirs, et commencer, sur une nouvelle page blanche, à réorganiser les informations autour de grands thèmes ou autour de strates temporelles (avant l’événement, pendant, après). Il s’agira là de mettre de l’ordre dans vos souvenirs. Une fois cet immense canevas élaboré, la phase d’écriture proprement dite pourra enfin commencer.
Une astuce permet de s’y retrouver plus facilement à cette étape : créer des titres (même provisoires) pour chaque partie ou chaque bloc thématique, comme par exemple « mon état d’esprit juste avant », « le moment où il me l’a annoncé », « mon ressenti à l’instant T », etc.
L’utilisation d’un ordinateur avec traitement de texte est judicieuse à ce stade : vous pourrez surligner, mettre en gras, ajouter des couleurs sur vos écrits afin de mieux visualiser les différentes phases du récit. Cela permet également de faire des « couper-coller » pour déplacer certains passages et réorganiser la chronologie au fur et à mesure sans avoir à tout recopier à chaque fois.

Rendre son histoire vivante
C’est à ce moment-là que vos cours de français referont surface. Repensez à tout ce que vous avez appris lorsque vous faisiez des rédactions, puis des dissertations. Les fondamentaux d’abord, les règles d’orthographe, de grammaire, de syntaxe. Puis les plus subtiles (évitez les répétitions, enrichissez votre vocabulaire, utilisez des métaphores, des expressions imagées). N’hésitez pas à vous aider de certains sites internet extrêmement précieux dans ces domaines : le CNRTL, pour toute la partie vocabulaire, et celui du Projet Voltaire pour l’orthographe.
Enfin, rendez vivants les protagonistes de votre histoire, créez des dialogues, et surtout, surtout, n’oubliez pas qu’ils ont des sentiments, des émotions, et que c’est cela, au fond qui compte le plus dans votre récit, à la fois pour vos lecteurs mais aussi pour vous-même, dans votre objectif introspectif. Parfois, chercher à comprendre les réactions des personnes autour de soi aide à mieux les accepter.
Mais peut-être choisirez-vous un type d’écrit différent ? Pourquoi pas sous la forme d’un journal intime, ou bien de lettres adressées à un proche ou à une personne défunte. Tout est possible, l’essentiel est de créer un livre qui vous fasse du bien.
Le processus d’écriture
N’ayez pas peur d’y passer du temps. Commencez par écrire un premier jet du premier chapitre. Relisez-vous une première fois. Corrigez les maladresses qui vous sautent aux yeux, les erreurs d’orthographe, etc. Ensuite, laissez décanter quelques jours avant de le relire. Vous verrez que votre impression sera différente et que vous aurez plus de facilité à améliorer votre texte.

Vous pourrez alors poursuivre, fort.e de votre première expérience. Les mots viendront plus facilement, et vous vous sentirez sur la bonne voie/voix.

