Quand la parole ne suffit plus : le pouvoir de l’écrit pour se faire entendre

le pouvoir de l'écrit

Combien de fois ai-je eu le sentiment que ma parole avait été impuissante à réellement toucher mes interlocuteurs ? Et quelle frustration ai-je ressenti dans ces moments-là ?! À l’oral, les mots s’invitent parfois de manière impromptue, et plutôt que de délivrer clairement leur message, créent le malentendu. La parole dite, toute naturelle et nécessaire soit-elle, manque cruellement de consistance. Horace, poète de l’Antiquité, s’émouvait déjà de sa volatilité il y a plus de deux mille ans : « Les paroles s’envolent, les écrits restent ». Et si cette phrase a traversé les siècles, c’est qu’elle n’a jamais cessé d’être relayée, tout simplement parce qu’elle recèle en elle une vérité immuable. Sans écrit, nulle trace.

Pourquoi la parole, bien que naturelle, s’avère-t-elle si imparfaite ?

Comment le passage à l’écrit pallie-t-il cette faiblesse ?

À quel moment l’écriture devient-elle un acte essentiel de transmission ?

La parole : un outil précieux mais imparfait

Les mots que l’on reçoit de l’autre passent inévitablement par le filtre de nos émotions, de notre état d’esprit, du contexte, et sont soumis à notre interprétation. Selon les situations, la peur, la colère, la pudeur, le stress, le chagrin, donnent au message délivré une coloration particulière, qui vient dénaturer l’intention originelle du locuteur. De là peuvent naître malentendus, conflits, frustrations et regrets.
Il arrive aussi que certaines paroles soient prononcées trop vite, au mauvais moment, sans assez de recul. Dans ce cas, les propos n’atteignent que partiellement l’interlocuteur qui n’est pas dans la posture d’écoute adéquate, parce que pressé, préoccupé, distrait. Le message est alors déformé, réinterprété, ou tout simplement ignoré.

Le verbe « entendre » est polysémique : il signifie à la fois « percevoir par l’oreille » et « saisir intellectuellement la signification, la portée de quelque chose ». Parfois, la parole prononcée est perçue mais sa signification n’est pas saisie correctement, pour toutes les raisons évoquées précédemment. Bernard Werber résume parfaitement l’impuissance du langage oral dans de nombreux actes de communication :

« Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. » https://www.bernardwerber.com/unpeuplus/innerview/pages/Communication.htm

Et si l’écrit permettait de redonner de la justesse à ce que la parole trahit parfois ?

L’écrit : donner du poids, de la clarté et de la durée aux mots

L’acte d’écrire s’inscrit dans un temps long. Il laisse aux idées la possibilité de se construire, de s’ordonner, de se structurer. L’écrit oblige à la précision : il permet de choisir ses mots pour toucher au mieux le destinataire du message, qui pourra en prendre connaissance de manière sereine, lorsque son propre emploi du temps le lui permettra, dans les meilleures conditions possibles. Eventuellement, celui-ci pourra le relire plusieurs fois, de manière à en envisager différentes interprétations, et faire un véritable travail intellectuel de compréhension.

Pour celui qui écrit, il ne s’agit pas seulement d’un simple acte de communication : le fait de déposer ses mots sur le papier permet de rendre palpables des idées, des souvenirs, des émotions, de les délivrer, de les rendre intelligibles, d’en laisser une trace, une mémoire, parfois même une preuve.

Il m’est arrivé d’écrire des lettres sans jamais les envoyer. Le seul fait de les avoir écrites m’a soulagée, libérée d’un poids. Je les relis parfois, et me revois telle que j’étais lorsque je les ai écrites. Elles constituent une trace précieuse de mon histoire.

Il y a un mois, mon fils qui voulait me raconter un épisode de sa journée un peu contrariant, a préféré le faire en me l’écrivant sur un petit carnet à spirales que sa sœur lui avait offert. C’est lui qui en a eu l’idée, car la pudeur l’empêchait de me parler. Quelques jours plus tard, en entrant dans sa chambre, je l’ai surpris à son bureau, à relire ce qu’il avait écrit. Cet exemple illustre à la fois le pouvoir de l’écrit à pallier les insuffisances de l’oral, et la possibilité qu’il donne de revenir dessus avec recul et hauteur.

Il y a ces écritures intimes, et puis celles qui disent au monde qui l’on est.

Quand écrire s’apparente à une révélation

Beaucoup d’épisodes de notre existence sont ignorés de tous, même de notre entourage le plus proche. Parfois, ces mêmes épisodes constituent des zones d’ombre qui empêchent les autres de nous comprendre pleinement, dans toute notre complexité. La pudeur et l’humilité sont souvent causes de ces silences. Le passage par l’écrit s’avère alors un formidable moyen d’ouvrir son cœur et de dévoiler des pans secrets de notre intériorité.

Écrire pour être lu n’est pas une tâche facile, il s’avère parfois indispensable de se faire aider. L’écrivain biographe est un professionnel de l’écriture. C’est un passeur de mots, qui met toutes ses compétences au service de votre récit, de manière à le sublimer, le remettre en ordre, le rendre riche et profond, et surtout fidèle à celui ou celle que vous êtes. Il vient chez vous chaque semaine, et vous écoute avec attention et bienveillance. Ces séances sont des moments forts en émotion, où votre parole est souveraine. Tout en la racontant à l’oral, librement et sans crainte, vous avez conscience de donner à votre histoire la possibilité d’enfin s’inscrire dans la durée.

Pour conclure

Il y a des mots que l’on a dits trop vite.
D’autres que l’on n’a jamais osé prononcer.
Et puis ceux qui ont été mal compris, déformés, ou simplement oubliés.

L’écrit offre un espace différent. Un espace où l’on peut prendre le temps, choisir ses mots, revenir en arrière, préciser sa pensée. Un espace où ce qui compte vraiment trouve enfin sa juste place. Écrire, ce n’est pas seulement coucher des phrases sur le papier : c’est donner du poids à son vécu, de la clarté à son message, et parfois de la paix à son histoire.

Beaucoup ressentent ce besoin sans savoir comment s’y prendre, ni par où commencer. Mettre sa vie, ses souvenirs ou ses paroles en récit demande plus que de l’inspiration : cela demande une écoute attentive, un regard extérieur, et une véritable sensibilité aux mots. Si cette réflexion résonne en vous, je vous invite à parcourir mon site. Vous y découvrirez ma démarche d’écrivain biographe, ma façon d’accompagner celles et ceux qui souhaitent transmettre, témoigner ou simplement mettre en mots l’essentiel.